sonographies

Projet financé et soutenu par la DRAC Auvergne Rhône-Alpes

CONTEXTE

En 2018, la DRAC Auvergne Rhones-Alpes lance un projet pilote, visant à faire collaborer l’ensemble des parcs de la région. « Chemin faisant » produit un appel afin de mettre en lumière à la fois la singularité de la vie des communautés au sein des PNR et tend à questionner et à pratiquer les itinérances culturelles sur les territoires des parcs.

Techniquement, il s’agit de faire collaborer des artistes et des chercheurs sur le territoire des parcs et pour une période de trois ans. Chaque année, un binôme d’artistes-chercheurs est invité à résider trois mois dans trois parcs choisis à l’issue d’une concertation entre la DRAC et l’ensemble des PNR. En 2020, ce sont les parcs de Chartreuse, Pilat et Monts d’Ardèche qui accueillaient les résidences. 

Lectures avec Johannes Melsen, Sonographies, Anne Dubos, 2020.

RÉSUMÉ

 À partir d’une collecte d’objets sonores prélevés sur les sentiers ou les lieux de mémoire Sonographies convoque les notions de paysage sonore, d’itinérance et de cartographie. Il s’agit d’y développer un processus de recherche sur la connaissance sonore des territoires. 

Selon l’agencement de notions théoriques telles celles de cosmophanie, d’acoustémologie ou d’ethnoscape, la collecte de terrain le projet prend forme tantôt d’une enquête classique le biais d’interviews auprès des habitants des parcs, ou tantôt d’ateliers d’écoute et de promenades sonores.

D’après l’usage des méthodes prescrites par l’ethnographie des sens (Pink, 2009) ou celle de l’art-action (Latour, SPEAP), l’enquête s’engage à la production de certains protocoles pour une analyse sensible de la fabrique des territoires. L’enjeu étant de reconstituer l’histoire d’un ensemble écologique.

Historiens, écologues, artistes de la performance, chateuse, présidents d’associations, habitants du plateau de 3ème génération, primo-arrivants, réfugiés, exilés sont partis preneurs de l’enquête.

L’ensemble de la collecte se transforme ensuite en une réflexion ethnographique à laquelle se tisse la fiction documentaire. L’ensemble figurera sur le site internet Sonographies.net

Écouter, enregistrer, comprendre, Sonographies, Anne Dubos, 2021.

PROPOSITION

Dans Une Brève Histoire des Lignes, Tim Ingold rapporte que chez les Inuits, il suffit que l’homme se mette en mouvement pour devenir une ligne. Quelles sont les lignes invisibles que la présence des hommes trace au cœur de nos territoires ? Du déplacement des corps à l’itinérance des groupes, au tracé d’une partition, la modulation se régule à l’échelle de la perception. 

Sonographies propose de tracer des cartes comme s’il s’agissait de partitions à jouer. À chacun ses trajectoires, ses manières de percevoir mais également de passer à travers les paysages. 

Là où le tracé des actions se fait matériau sonore — objet de mémoire de l’enquête des habitants, des visiteurs, des acteurs — une mémoire des lieux, prise d’action sur la cartographie habituellement muette se compose et s’inscrit selon un pratique de recherche par ateliers. 

Sonographies est l’occasion de mettre en pratique les méthode de l’ethnographique sensorielle comme celles de la recherche-action. L’enjeu est d’y déployer une cartographie telle une analyse de la pratique collective des lieux de mémoire que sont les paysages, travaillant à une représentation sensible du territoire.

À travers l’acte de remédiation, les matériaux de la collecte ethnographique permettent la première trame d’une carte. La carte se trouve ensuite, au cours des ateliers, indexée par les habitants et les acteurs des parcs.

La Dent de Crolles, Sonographies, Anne Dubos, 2020.

INTENTION

Mon intention est d’abord celle d’une exploration sensible et partagée de l’écoute des parcs. Telle une expérimentation par le corps et à travers les paysages j’envisage l’idée selon laquelle la pratique des lieux s’invente telle une partition. 

En Chartreuse

Sentier des Huguenots, Sonographies, Anne Dubos, 2020.

Il s’agit de tracer le chemin invisible emprunté par les Huguenots: La fuite, l’exil, sont des sujets contemporains qui font écho aux récits de vie des habitants du plateau des Petites-Roches. Qu’ils soient membres d’association d’accueil pour les migrants, soient qu’il en hébergent chez eux. Par l’apport d’une collecte ethnographique (photographies, enregistrements, vidéos) je souhaite représenter la sensibilité des habitants : Quelles sont les histoires, les mémoires, les souvenirs qu’ils souhaitent partager sous forme de témoignages ou d’anecdotes ? Et quels sont, à travers leur pratique, les lieux d’écoutes remarquables ? Et alors, comment faire vivre quelque chose de cet exil historique aux enfants du plateau ui n’en connaissent rien ?

Si d’après Pierre Norah l’objet devient lieu de mémoire « quand il échappe à l’oubli, par exemple, avec l’apposition de plaques commémoratives et quand la collectivité le réinvestit de son affect ou de ses émotions », il peut également être inventé ou renouvelé par une génération. Aussi, comment envisager la capacité de partager cette faculté de décrire mais aussi de percevoir le paysage sonore contemporain ? Que nous dit-il de la fabrique des territoires ?

Au Pilat

Sonographies propose l’élaboration d’une cartographie qui superpose les sons et les trajectoires. Il s’agit d’y développer un processus de recherche sur la connaissance sonore des territoires. Inspirée par les histoires liées aux itinérances menées sur le GR65, le projet tente de mettre en lumière l’enjeu du cheminement comme mémoire vive du Parc du Pilat

Pour une cartographie sonore, Pilat, Sonographies, Anne Dubos, 2021.

Sur la Transcévenole

Le projet prend la forme d’une enquête pour la conception d’un audioguide que le public pourra écouter en se promenant sur la voie.

Cevenne, Sonographies, Anne Dubos, 2020.

Pour en savoir plus, rendez-vous [ ici ]