Research

À partir de l’analyse de cas concrets de performances (danse, théâtre, rite), la recherche d’Anne Dubos vise à analyser la transformation du geste humain à travers le temps, l’espace et les cultures. Elle y discute la notion « d’écologies de pratiques ».

Au cours de sa recherche de doctorat, elle a étudié la passation des techniques du corps dans les théâtres indiens selon une analyse cybernétique, qui met en valeur la notion d’improvisation comme celle d’orthopraxie. Sa recherche tend aujourd’hui à questionner les avancées épistémologiques et technologiques numériques, à travers la conception de dispositifs comme d’installations transmédiales.

Elle met en relation la génération des espaces latents par les interactions Humain-Machine et la réduction des territoires de forêts.`

L’objectif au long cours de son projet de recherche est de favoriser l’émergence de connaissances relatives aux techniques du corps. Le prisme du geste défini comme plus petit élément symbolique d’une culture technique lui permet d’explorer divers terrains. Cette recherche transversale est exercée par la pratique expérimentale vise à générer de nouveaux outils pour la recherche aux frontières des arts et des sciences sociales.

 

La Gestothèque

La Gestothèque se compose de catalogues de gestes collectés à travers ma pratique d’artiste chorégraphe. Elle se compose de photographies, des dessins, des collections d’images, des vidéos, des textes mais aussi dune série d’interviews d’experts du geste, provenant de différentes disciplines (chant, danse, chorégraphie, anthropologie de la communication, physique, biomécanique, musique électronique).

La Gestothèque, Anne Dubos, 2018.

 

Cartographie de La Gestothèque, Anne Dubos, 2018.

Pour son lancement, en 2015, elle fut l’invitée de l’ENSCI-Les Ateliers sous forme d’un séminaire de recherche : Indian Gestothèque.
Depuis 2016, elle est intégrée par l’IRCAM sur le projet CoSiMA et CoMo, pour le projet SmartMove.

En 2017, La Gestothèque était invitée par l’Ambassade de France en Inde, pour une série d’ateliers sur la question du gesture design (Tata Institute for Social Sciences, Bombay, IIT Bombay, Ubi Soft Pune). Cette part de la recherche a donné lieu à plusieurs publications.

Elle a depuis lors donné lieu au projet de pédagogie par le mouvement : LeMon (Learning by Moving).

 

Cartographie du domaine de recherche

Depuis le début de ma pratique de recherche, je trace des cartes mentales de l’évolution de ma pensée. Des cartes qui me servent ensuite à me retrouver, lorsque je me suis égarée dans l’un des fameux “rabbit hole” d’Alice in Wonderland.
Dans la mesure où je défends et reprends le point de vue de Donna Harraway sur la question des savoirs situés, j’essaie chaque fois de représenter les origines des domaines impliqués dans la taxonomie. Ainsi est né le projet de La Gestothèque en 2015.

 

Cartographie de La Gestothèque, Anne Dubos, 2015.

 

La question des territoires et des habitabilités

Deux mois après ma soutenance de thèse, je fus recrutée comme chercheur post-doc par l’ANR TerrHab et le laboratoire de Sciences Sociales PACTE, de Grenoble. Il s’agissait de produire une analyse comparative des pratiques récréatives entre la pente du Vercors et les Coteaux du Jurançon. En vue d’articuler une théorie de l’habité mobile, j’y ai développé les notions d’intensitométrie, relative aux travaux d’Albert Piette et de ludopaysage relative aux écrits d’Augustin Berque sur la cosmophanie. Je m’inspirai également de la théorie des –scapes d’Arjun Appadurai, la combinant à la proposition d’une géographie temporelle (Time Geography) de Sonia Chardonnel. 

Le travail sur les Habitabilités se décline aujourd’hui sous le titre de Cosmophanies et Sonographies.

 

Hasmas, Roumanie, Anne Dubos, 2020.